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Nous avons fêter dignement le « bicentenaire de la naissance de Jules Grévy » en 2007. Ce projet a été porté par la Communauté de Communes du Val d’Amour, le Conseil Général et la Région.
Origine de la famille Grévy
La famille Grévy n'était pas originaire de Mont-sous-Vaudrey. Le grand-père Nicolas, issu de cultivateurs d'Aumont, mais demeurant à Grozon, avait été un fervent républicain, membre du conseil de ce Directoire et juge de paix du canton de Grozon.
Son fils, François-Hyacinthe, né à Rathier, hameau de Montholier, élevé dans la tradition républicaine, s'engagea à l'âge de dix-neuf ans, dans les Volontaires de l'an II et fit toutes les guerres jusqu'au Consulat. Puis il vint s'établir à Mont-sous-Vaudrey pour s'y marier, fonder une famille, et exploiter le domaine ainsi qu'une tuilerie, le chaume disparaissant de plus en plus de la construction des maisons. Gustave Hanotaux signale que des recherches faites aux archives du ministère de la Guerre n'ont fourni aucun renseignement sur cette carrière militaire.
A trente-quatre ans, alors qu'il venait d'épouser Jeanne Gabrielle Planet, il eut un premier fils Jules. Il décéda le 8 juin 1857, à quatre-vingt-quatre ans à l'âge même où son fils Jules décédera. La race était solide.
Ils fondèrent une grande famille mais plusieurs enfants moururent en bas âge. Contrairement aux dires, Jules n'était pas l’aîné. Il avait deux soeurs plus âgées que lui, qui devinrent Mme Monnot et Mme Fourneret. Le fils de Mme Fourneret devint secrétaire particulier du Président à l’Elysée. Après lui naquirent Juliette, puis ses deux frères Paul et Albert.
Un jour, au Sénat, il déclara à un journaliste : « On ne saura jamais mon âge... » Pourtant, Jules Grévy est bien né le 15 août 1807 à Mont-sous-Vaudrey. Certaines biographies officielles de l'époque portent le 15 août 1813, le rajeunissant ainsi de six ans. Prétextant un incendie des archives de la mairie, on l'a accusé d'avoir falsifié son état civil!
Lorsqu'il fut élu président de la République, il avait donc soixante-douze ans, le registre de la commune de Mont-sous-Vaudrey en est formel
Enfance de Jules Grévy:
Jules Grévy reçut une très bonne éducation aussi bien parentale que scolaire. Surtout que Jules Grévy était un enfant sérieux.
Son père l’envoya étudier au plus près de Mont-sous-Vaudrey, au collège de l’Arc à DOLE. Il y brilla, dès le début, par un sérieux que de nombreux prix vinrent récompenser.
La distribution des prix de 1822 au collège de l'Arc eut lieu le jeudi 29 août, les élèves travaillant, à l'époque, en juillet et en août. Distribution précédée d'un exercice dans lequel les élèves de rhétorique déclamaient, avec "âme et intelligence", nous dit le rapport, des morceaux choisis de Montesquieu, ainsi que des scènes de nos principaux classiques, Corneille, Racine, Voltaire.
En 1823, Jules Grévy, en classe de quatrième, remporta les huit prix prévus pour la classe. La cérémonie avait eu lieu le 31 août 1823. Ce fut la dernière.
Notre élève était externe. Son père le retira de l'établissement alors qu’il avait seize ans, lorsque les jésuites reprirent la direction du collège de l'Arc.
Les sentiments républicains de la famille ainsi choqués, Jules Grévy fut envoyé de Dole au collège de Poligny, dirigé pourtant par un ecclésiastique, l’abbé Reffay, d'excellente renommée pour la qualité de son enseignement, mais ce n'était pas un jésuite…
A la distribution des prix de septembre 1826, à Poligny, Jules Grévy obtint encore dix prix et l'accessit du grand prix de bonne conduite. Dans la cour du collège, il ne participait pas aux jeux avec ses camarades, il s'adossait à un arbre, isolé dans des réflexions, souvent plongé dans une lecture de classique.
Il ne boudait pas, mais savait s'extraire du groupe de ses camarades pour rester avec lui- même et réfléchir. Déjà on le respectait, tout en l'aimant.
A cette époque il ne savait pas encore que plus tard, il proposerait deux principales lois : La presse et La scolarité.
Jules Grévy avocat :
Jules Grévy était arrivé du Jura à Paris quelque temps avant la révolution de 1830. En étudiant le droit, il avait suivi les conférences de l'Athénée avant d'entrer au bureau. Il demeurait alors 33, rue de Grenelle-Saint-Honoré, non loin de la rue Coquillière. Ce ne fut que plus tard qu'il habita le 15, puis le 45, de la rue Richelieu. Il n'avait, de toute façon, que quelques pas à faire pour être au café de la Régence et cette commodité fit naturellement de lui l'un des clients les plus assidus de l'établissement. La célébrité de ce lieu dépassait largement Paris.
Il y avait, surtout à cette époque, un certain racisme parisien vis-à-vis des provinciaux. Les journalistes de la capitale, des esprits forts, se moquaient volontiers de ceux qui montent de leur obscur village natal, vers l'esprit, la lumière qui rayonne dans les salons et dans les salles enfumées des rédactions. Ainsi était-il de bon ton d'accuser les Jurassiens - et notamment notre Jules Grévy - de paresseux et d’avares.
On prétendait que notre Jurassien se levait en même temps que les demi-mondaines du boulevard, c'est-à-dire à midi, par paresse et pour économiser un petit déjeuner. Les moins méchants disaient qu'il n'avait pas besoin de se lever tôt parce que son intelligence et sa mémoire lui permettaient d'agir plus vite que ses contemporains. Rien de plus faux. Elevé à la dure vie de campagne, il savait mettre en exergue la fameuse maxime: "Couché à 10, levé à 6, font vivre l'homme dix fois dix."
En plus des journalistes parisiens, se sont mêlés les caricaturistes. Les plus ignobles transformèrent notre avocat en singe comme au MUSÉE-HOMME. Mais heureusement, il y a ceux qui sont justes et bons avec Jules Grévy en le vénérant. Ces derniers représentent Jules Grévy en sphinx.
En revanche, on n'entendait pas de critiques sur son aspect physique. D'une excellente santé, bâti à chaux et à sable, l'homme mesurait 1,90 m et il en imposait par sa stature. En politique, comme au tribunal, il faut être grand, Thiers souffrit toute sa vie de sa petite taille. Le front bombé, largement dégagé, donne au visage une sévérité que des favoris soigneusement entretenus encadrent tel un héros romantique.
Théodore de Banville en fera plus tard un portrait remarquable:
Quelques dates:
Le 17 juin 1837, il est admis comme avocat stagiaire à la Cour royale de Paris.
En 1838, il devient 13ème secrétaire de la conférence. Il a trente et un ans.
En l839, il est 6ème secrétaire ; enfin, le 7 juillet 1840, il est inscrit au Tableau. Sous le Second Empire, il reprend sa carrière d'avocat, interrompue en 1848.
Les clients reprennent le chemin de son cabinet.
En 1868, le premier août, il est élu, à la majorité absolue, membre du conseil de discipline des avocats à la Cour impériale de Paris. Le 4, il est élu bâtonnier par le conseil de l’Ordre.
Il était, depuis 1862, membre du conseil de l'Ordre.
Il sera réélu le 9 août 1869 pour 1869-1870.
Il restera avocat quarante-trois ans jusqu'à son élection à la présidence de la République.
Jules Grévy président de la République
La situation devint intenable pour le maréchal Mac-Mahon à cette époque président de la République, après des élections sénatoriales voyant la victoire des républicains. Il donna sa démission le 30 janvier 1879.
Une heure après la lecture de la lettre de démission du maréchal, le Congrès se réunissait à Versailles pour désigner son successeur. Quelques membres de la droite présentèrent plusieurs motions étrangères à l'élection même du président de la République. Toutes, concernant la proposition de Gambetta, furent écartées par la question préalable ( 30 janvier 1879 ). Notons, une fois de plus, que la droite ne présenta pas officiellement de candidats contre notre Jurassien...
Finalement, à dix-huit heures trente, le scrutin est clos. A dix-neuf heures trente, Jules GRÉVY est proclamé président de la République. Voilà une élection menée tambour battant. Paris se réjouit d’avoir pour son 3e Président un vrai républicain. Les boulevards sont noirs de monde. Ce modeste fils de paysan jurassien, porté à la magistrature suprême, doit son succès au Sénat qui le préféra au turbulent Gambetta. Ainsi va s'instituer une tradition qui fit préférer pour la présidence de la République des Parlementaires de second plan aux ténors politiques.
Les républicains firent bloc derrière Grévy qui obtint 563 suffrages, le général Chanzy
- sans être candidat - en recueillit 99 ; Gambetta: 5 ; le général Ladmirault: 1 ; le duc d’Aumale : 1 ; le général de Galliffet: 1.
Le maréchal s'empressa de se rendre auprès de son successeur. «J'ai voulu, lui dit-il, être le premier à saluer le chef de l’État.»
Depuis 1871, le gouvernement s'était incarné dans les deux hommes qui avaient été successivement investis du pouvoir exécutif. Dans son message du 6 février, le nouveau président prit l'engagement " de ne jamais entrer en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels". Recevant le bureau du conseil municipal de la Seine, il définit dans les termes suivants sa conception gouvernementale :
Le choix du nouveau président avait été arrêté à l'avance par les Républicains du Sénat. Gambetta, qui s'était effacé devant Grévy, pouvait s'attendre à être appelé au ministère, et Dufaure le désigna même au chef de l'État ; mais depuis la guerre, il y avait entre les deux hommes une antipathie qui, chez Grévy, était aussi vive que le jour où il avait condamné la guerre à outrance comme dangereuse et inutile.
L'élection de Jules Grévy suscita un mouvement de sympathie dans le pays et dans le monde entier. Dès que l'on apprit, à la Bourse, que la crise allait être promptement et pacifiquement dénouée, les demandes affluèrent sur les rentes. Le 5 % monta au comptant de 113,30 à 113,85 ; réalisant ainsi 55 centimes de hausse.
Le soir, à la petite bourse du boulevard, quand la nouvelle de son élection fut connue, cette rente dépassa 114 francs.
En France, la satisfaction fut générale. Le conseil municipal de Lyon leva sa séance en signe de réjouissance publique, à la nouvelle de l'élection de Jules Grévy. Dans un très grand nombre de villes, les rues furent pavoisées, et les maisons illuminées. Le département du Jura se distingua dans ce concert d'allégresse. Beaucoup de communes de ce département envoyèrent au président des adresses exprimant la satisfaction qu'éprouvaient les habitants du Jura de voir leur illustre concitoyen appelé à la première magistrature de l'État . Symptôme caractéristique, un grand nombre de chambres de commerce, au caractère apolitique, envoyèrent au nouveau président des adresses de félicitations. Il en vint même une de la Ligue nationale des Français de Californie.
En janvier 1879, Jules Grévy succède à Mac-Mahon et Gambetta est élu Président de la chambre des députés. Quelques mois plus tard les deux assemblées qui siégeaient à Versailles regagnent Paris.
q Commencement des travaux pour le canal de Panama. En 1881, sous l'impulsion de Jules Ferry, les chambres votent l'enseignement primaire laïque et gratuit dans les écoles publiques. ( Il sera rendu obligatoire par la loi du 28 mars 1882).
q En Juillet 1881, loi sur la liberté de la presse, dont l'un des plus grands partisans fut Emile Girardin.
q Cette même année voit la création de l'école militaire de Saint-Maixent.
q De 1881 à 1887, révision partielle de la constitution, adoption du scrutin de liste pour les élections législatives, loi d’exil pour les membres des familles ayant régné sur la France.
q En 1885, Jules Grévy est réélu à la présidence de la République.
q En 1883, création de l'alliance française et signature de la Convention de Paris pour la sauvegarde de la propriété industrielle.
"Après la pluie, le beau temps ! " dit-on, mais pour Jules Grévy cela serait plutôt le contraire: "après le beau temps, la pluie", car en octobre 1887 il est impliqué dans l'affaire des décorations pour aider son gendre, Daniel Wilson, ce qui le fit démissionner le 2 décembre 1887.
En 1880, en souvenir de la prise de la Bastille, le 14 juillet est déclaré jour de fête nationale par Jules Grévy, à cette date, première cérémonie officielle et publique. Depuis ce jour, un défilé est organisé dans les rues, suivi de feux d'artifice.
le 14 juillet 1880, Jules Grévy, au centre de la tribune,
proclame le 14 juillet comme jour de fête nationale.
( Tableau exposé en mairie de MONT-sous-VAUDREY )
Le 8 Novembre 2003 à 11h a lieu l'inauguration de la restauration du caveau de Jules Grévy.
Rendez-vous au cimetière
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